Alors voilà ce matin je l'ai enfin reçu depuis le temps que je l'attendais et il fallait que je partage cette interview avec vous!!!
Jared Leto, d'où venez-vous?
"Je suis né au fin fond du sud des Etats-Unis, au coeur de la Louisianne, d'une mère adolescente et célibataire. Tous les trois, avec mon frère plus agé, nous avons fui cet Etat qui nous laissait peu de chances de réussite et nous avons commencé un voyage qui nous a menés dans une douzaine de villes et d'Etats.
Je suppose que je continue de ce mode de vie aujourd'hui en étant acteur: une vie itinérante."
Pourquoi le cinéma?
"J'adore ce mélange d'art et de savoir-faire que me procurent les films. Le cinéma me forme et m'inspire en permanence, c'est toujours aussi surprenant. C'est un domaine surréel et qui demande de se remettre en question en permanence."
Pour votre premier rôle au cinéma, Requiem for a Dream, vous avez perdu treize kilos; pour Chapter 27, vous en avez pris tente. Quelles sont vos limites pour un rôle?
"Cela dépend du rôle. Je ne suis pas contre le investissements personnels. J'ai passé une grande partie de mon existence du côté obscure des choses mais peut-être qu'un jour je jouerai un mime ou un clown, bien qu'ils soient tristes parfois. Il faudrait que je joue le rôle d'une hyène parce qu'elle se marre tout le temps."
Avez-vous d'autre projets avec Darren Aronofsky?
"J'aimerais beaucoup. C'est un ami et il sera toujours très important dans ma vie."
Parlez-nous de Chapter 27, c'était votre idée de produire ce film?
"J'étais très inquiet à l'idée de produire ce film, mais finalement, je me suis dit que c'était important de regarder en face cette sorte d'échec de l'humanité. Je pense que c'est important pour les artistes de ne pas se détourner des choses qui sont politiquement incorrectes. Ces rôles a transformé ma vie et, même si c'est un film brutal et violent, j'ai beaucoup appris en le tournant."
Qu'est-ce que JP Schaefer, le réalisateur de Chapter 27, vous a proposé pour ce film?
"Sa vision personnelle. Il a écrit le scénario. La direction qu'il a prise, c'est persque de l'anti-cinéma. Pour moi, c'était une occasion de repousser mes limites physiques et mentales."
Pour le film, avez-vous étudié L'attrape-coeur de JD Salinger? Dans le film, il y a de nombreuses références à cet ouvrage car David Chapman, le meurtrier de John Lenon, le lisait sans cesse.
"On a beaucoup étudié ce livre. C'était notre Bible pendant la production du film, et c'est un livre que je trouve personnellement passionnant. C'est une belle oeuvre qui vous laisse avec de très forte convictions."
Selon vous, pourquoi Chapman a-t-il décidé d'assassiner John Lennon?
"Parce qu'il était mentalement instable et complètement déterminé à commettre cet acte de pure folie. Il a suivi son idée avec une précision méticuleuse et l'a accomplie jusqu'à l'irréparable."
Dans Lord of War d'Andrew Nichols, il est question de la libre circulation des armes aux Etats-Unis. Que pensez-vous de cette analyse?
"Je crois ue le fond du problème n'est pas la présence ou la circulation d'armes sur un territoire, mais plutôt les raisons pour lesquelles un individu a le désir ou le besoin de s'en servir. Cela renvoie à des questions culturelles et humaines, à des interrogations plus intimes. J'espère que l'avenir nous rapprochera, au lieu de nous diviser sans cesse."
Comment s'est passée votre rencontre avec Oliver Stone sur le film Alexandre?
"C'était inoui. J'ai toujours apprécié son travail et je rêvais de tourner avec lui. Cet homme est un véritable artiste, plein de folie."
Vous avez interprété à plusieurs reprises des rôles de psychopaphe. Comment faites-vous pour sortir de votre personnage et reprendre une vie normale?
"Mais qui dit que c'est le cas? (Rires)."
Quels sont vos rapports avec le cinéma indépendant?
"C'est la source même de ma créativité. Sans le cinéma indépendant, je ne mènerais pas cette vie. Je suis très fièr et je mesure la chance que j'ai de pouvoir travailler dans ce domaine."
Quelles sont vos références cinématographiques?
"La plupart des films des annés 70 et 80 réalisés par Hal Ashby, Peter Weir, Martin Scorsese et Bernardo Bertolucci. Je m'inspire aussi beaucoup de la culture urbaine, de la vidéo, des artistes tels que Matthew Barney, des arts visuels aussi, avec le peintre Larry Slezak."
Quelles sont vos acteurs fétiches?
"Clark Gable, Jimmy Stewart, Daniel Day Lewis, Christopher Walken, Sean Penn, Meryl Streep, Clint Eastwood, Warren Beatty, Paul Newman, John Malkovich, Al Pacino, Robert De Niro, Robert Redford, Clark Gable, Lauren Bacall, Montgomery Clift, Marlon Brando, Jack Nicholson, Johnny Depp."
Votre plus beau souvenir de tournage?
"Sûrement Requiem for a Dream, et le temps passé avec David Fincher. Mais travailler avec Jaco Van Dormael sur Mr Nobody était probablement l'expérience la plus singulière et la plus fanstastique que j'ai vécue. Jaco m'a tout appris, c'est le meilleur!"
Quels ont été vos meilleurs partenaires de jeu?
"Nicolas Cage, Jennifer Connelly, Sarah Polley, Diane Kruger, Linh-Dan Pham."
Vos inspirations musicales?
"La musique classique et celle de ma jeunesse, de Led Zepplin à Pink Floyd."
Pourquoi faites-vous de la musique?
"Parce que je ne peux pas m'en passer. Cela fait partie de ma vie depuis toujours. C'est la seule force créative qui me guide, et qui est constante. La musique est un espace où l'on peut vivre ses rêves et ça nous donne un alibi pour voir le monde et y passer un temps phénoménal sans s'ennuyer. Hallelujah."
Où habitez-vous aujourd'hui? Aimez-vous la vie à Los Angeles?
"La plupart du temps j'habite dans les loges des lieux de tournage ou bien dans les hôtels. J'avais une maison que j'ai vendue, j'avais plein d'affaires que j'ai données, je recommence tout à zéro. C'est un geste libérateur, bien que ma tortue François me manque. Los Angeles est un très beau désastre dans une architecture unique au monde. Je l'aime autant pour son potentiel que pour ses échecs."
Avez-vous des projets en Europe ou en Asie? Aimerez-vous y développer des films?
"Oui, bien sûr. Le film que je tourne actuellement, Mr Nobody, est une production europréenne et j'ai tourné un court métrage en Chine de quatorze minutes pour une de nos chansons From Yesterday. J'adorerais retravailler dans ces deux lieux..."
Que peut-on vous souhaiter pour la suite? Quelle est la prochaine étape de votre carrière?
"Etre conducteur de train dans la Cordillère des Andes, ou gardien de refuge en Alaska. Ou peut-être astronaute ou spéléologue."
Comment gérez-vous votre vie?
"En respirant très profondément à certains moment et en dormant sur un lit de clous. Si cela ne marche pas, je demande des conseils à un professionnel."
Beaucoup d'acteurs très médiatisés s'engagent dans des causes humanitaires ou environnementales. Est-ce votre cas?
"Avec mon groupe Thirty Seconds to Mars,dans la chanson A Beautiful Lie, nous posons cette problématique de l'engagement. Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez vous rendre sur le site www.abeautifullie.org. Je suis de l'école: parler moins et agir plus."
Quel sens a la mode pour vous?
" Pour moi, la mode c'est du design artistique. C'est aussi l'expression d'une époque donnée et d'une personnalité. Il faut s'en amuser."
Que pensez-vous des tabloïds?
"Cela dépend de leur intention. Ils peuvent être amusants, drôles, mais aussi horribles. Cela fait partie du package, malheureusement."
Votre couleur préférée?
"Celle du coucher de soleil au Maroc."
Votre odeur préférée?
"Celle du feu qui brûle dans la cheminée."